dimanche 24 août 2008


"Ralentir suffisamment
pour se laisser porter par l'ordre naturel des choses."
Richard Moss

Osho - La compassion


www.osho.com


Seule la compassion est thérapeutique, parce que tout ce qui est malade dans l'homme l'est à cause d'un manque d'amour. Tout ce qui est faux en l'homme est, d'une certaine façon associé à l'amour.
Il n'a pas été capable d'aimer ou il n'a pas été capable de recevoir de l'amour. Il n'a pas été capable de partager son être, d'où la souffrance. Cela crée toutes sortes de complexes à l'intérieur. Ces blessures intérieures peuvent faire surface de nombreuses façons, elles peuvent devenir une maladie physique, elles peuvent devenir une maladie mentale, mais dans sa profondeur, l'homme souffre du manque d'amour. De même que l'alimentation est nécessaire au corps, l'amour est nécessaire à l'âme, le corps ne peut pas survivre sans alimentation et l'âme ne peut pas survivre sans amour. En fait, sans amour l'âme ne nait jamais, il n'est pas même question de sa survie.
C'est pourquoi je dis que la compassion est thérapeutique.

Qu'est-ce que la compassion ? La compassion est la forme la plus pure de l'amour. La sexualité est la forme la plus commune de l'amour, la compassion la forme la plus haute de l'amour. Dans la sexualité, le contact est essentiellement physique, dans la compassion le contact est essentiellement spirituel. Dans l'amour, compassion et sexualité sont tous deux mélangés, le physique et le spirituel sont tous deux mélangés. L'amour est à mi-chemin entre la sexualité et la compassion.
Vous pouvez aussi appeler la compassion, prière, vous pouvez aussi appeler la compassion, méditation. La forme la plus haute de l'énergie est la compassion. Le mot compassion est beau, une moitié est passion. D'une certaine façon la passion est devenue si raffinée qu'elle n'est plus de la passion, elle est devenu la compassion.

Dans la compassion, vous donnez tout simplement. En amour, vous êtes reconnaissant parce que l'autre vous a donné quelque chose. Dans la compassion, vous êtes reconnaissant parce que l'autre a pris quelque chose de vous, vous êtes reconnaissant parce que l'autre ne vous a pas rejeté. Vous étiez venu avec l'énergie du don, vous étiez venu avec de nombreuses fleurs à partager et l'autre vous l'a permis, l'autre a été réceptif. Vous êtes reconnaissant parce que l'autre était réceptif.
La compassion est la forme la plus haute de l'amour. L'angoisse la plus grande dans la vie c'est lorsque vous ne pouvez pas exprimer, lorsque vous ne pouvez pas communiquer, lorsque vous ne pouvez pas partager. L'homme le plus pauvre est celui qui n'a rien à partager ou qui a quelque chose à partager mais qui a perdu la capacité, l'art, de comment partager, alors cet homme est pauvre.
L'homme sexuel est très pauvre, comparativement, l'homme qui aime est plus riche et l'homme de compassion est le plus riche, il est au sommet du monde. Il n'a aucun emprisonnement, aucune limitation, il donne simplement et continue son chemin. Il n'attend même pas de vous un remerciement. Avec un extraordinaire amour, il partage son énergie. C'est cela que j'appelle thérapeutique.

À moins que vous ne soyez dans la compassion, ne pensez pas que vous avez vécu correctement ou que vous avez du tout vécu. La compassion est une floraison et lorsque la compassion arrive à une personne, des millions de gens sont guéris. Qui que ce soit qui vient vers elle est guéri. La compassion est thérapeutique.

Texte extrait des pages du site internet.

Jean Klein - L'humilité



L'humilité n'est pas quelque chose que vous portez comme on porte un vêtement. Elle n'a rien à voir avec des hochements de tête et des yeux baissés. Elle vient de la résorption de l’individualité dans l'être, dans la paix. Elle vient de la fin de toute agitation. Dans l'attention, dans la vigilance il y a de l'humilité. C'est la réceptivité, l'ouverture à tout ce que la vie apporte. Lorsqu'il n'y a pas de mémoire psychologique, pas d'accumulation de savoir, il y a innocence. L'innocence est humilité. Dans les situations intimes ou problématiques, chacun doit parler en toute humilité de ce qu'il ressent. Faire simplement une déclaration de faits sans justifications, sans interprétation. Nous ne devons pas rechercher de conclusion. Si nous permettons à la situation d'être complètement libre de toute évaluation ou jugement, de pression pour trouver une conclusion, beaucoup de choses apparaissent qui n'appartiennent pas à notre mémoire. L'humilité apparaît lorsqu'il n'y a pas référence à un « Je ». Ce vide est le facteur de guérison, dans toute situation. Heidegger dit: «Soyez ouverts à l’ouverture. » Soyez ouverts à la non-conclusion. Dans cette ouverture, la situation offre sa propre solution, et dans l'ouverture nous la recevons. Lorsque la solution apparaît, le mental intervient souvent, il entre en conflit avec elle et la remet en question.

Jean Klein - Qui suis je ? La quête sacrée - Le Relié Poche

jeudi 21 août 2008

Mâ Ananda Mayi - La flamme que nous sommes...


www.http://anandamayi.org

www.http://pagesperso-orange.fr/revue.shakti/anandama.htm


Ananda, la joie est l’impulsion centrale de la nature humaine. L’agitation, l'inconstance, le doute n’en sont que des aspects passagers. L’âme cherche la joie partout, comme une enfant.

Que votre vie soit pleine et coule sans cesse, et le flot de la vie restera pur. Votre simple contact balaiera les impuretés des autres. La flamme peut s'élever très haut, mais jusqu'à une certaine limite, et quand elle perd sa véritable nature elle se change en fumée qui se répand et envahit le ciel. Si vous voulez atteindre la Vérité, roulez sans arrêt comme un fleuve puissant, et votre vie emportera et détruira à jamais de grandes masses de détritus de toutes provenances. Elle sera un important facteur de purification.


Mâ Ananda Moyi - Aux sources de la joie - Spiritualités vivantes- Albin Michel

lundi 18 août 2008

Yvan Amar - La poésie de votre coeur


Parce que tous vous avez un chant de création en vous. Prenez le risque de le laisser chanter en vous. C'est tellement simple. Même s'il est difficile de se défaire des habitudes, des croyances, des attachements aux choses apprises... Prenez le risque de la poésie de votre coeur. Entrez en relation poétique avec le monde.


C'est le chemin du Royaume, le seul que je connaisse, et il est partout. Là où vous êtes, partout. N'essayez pas de faire confiance à ce que je dis : c'est la vie qui a confiance en vous. Ressentez simplement cette première et ultime poésie, la confiance de la vie pour vous…
… Comment la compassion pourrait-elle exister, si tout n'était pas porté par cette ultime confiance? On l'a vu, la compassion n'est pas la pitié. Elle est la confiance de la vie pour elle-même, cette vie qui se sait en gestation, partout…
… Écoutez cette confiance. Là est votre foi, là est votre force, là est la bénédiction.

Yvan Amar - Le Maitre des Béatitudes - Albin Michel


samedi 9 août 2008

Christiane Singer - J'appelle féminin....

Ce passage est extrait du très très beau texte de Christiane Singer, écrivant avec les mots d'Héloïse en 1132, de sa passion d'Abélard. Que ne pourrions nous pas entendre là une voix contemporaine !


Ce qui nous manque le plus cruellement aujourd'hui c'est la qualité du féminin. Si nous n'y prenons garde, la religion va devenir une machine à raisonner droit. Ce langage partout crissant d'anathèmes! L'Eglise a raté sa chance de rester femme : fervente, accueillante, féconde. Elle a raté sa vocation d'Épouse du Christ. Le Cantique des Cantiques, tu l'as lu en prophète, Bernard de Clairvaux, moi je l'ai lu en amante!

En rejetant les femmes et l'amour, vous avez rejeté hors de vos institutions et de vous-mêmes la qualité du féminin. Et toute violence a sa source dans cette violence que vous avez fait subir à vous-mêmes.

J'appelle féminin cette qualité que la femme réveille au creux de l'homme, cette corde qui vibre à son approche. J'appelle féminin le pardon des offenses, le geste de rengainer l'épée lorsque l'adversaire est au sol, l'émotion qu'il y a à s'incliner. J'appelle féminin l'oreille tendue vers l'au-delà des mots, l'attention qui flotte à la rencontre du sens, le palpe et l'enrobe. J'appelle féminin l'instinct qui au-delà des opinions et des factions flaire le rêve commun.

Plus l'Église met en garde contre les femmes, plus elle se prive de l'énergie conciliante qu'elles répandent, plus elle s'éloigne de la source de vie. La guerre impitoyable dans laquelle elle s'engage pour des siècles peut-être est sans issue. La force de l'amour ne se peut briser. Elle subsistera sous la réprobation et le rejet comme elle subsiste sous le viol, la brutalité, la gauloiserie et les ricanements. Sous toutes les humiliations qu'on leur fait subir, les femmes continueront par la nature même de leur être d'appeler l'homme à l'amour.

De même qu'on peut détourner les yeux du soleil, se bander les yeux devant lui mais non pas l'éteindre, on peut frapper l'amour d'opprobre mais non réduire sa force. Seuls le rituel d'attente et d'approche, le merveilleux cérémonial dont les cultures se parent et s'honorent à juste titre sont anéantis. Le monde, la société en sont assombris et l'homme réduit à l'état de brute. N'est-ce pas assez de destruction? Mais l'amour reste intact sous les gravats. Sans sa révélation, rien ne m'eût fait lever la tête ni prendre conscience de cette royauté qui est la mienne.

J'ai eu tant de bonheur à être femme! Comment aurais-je douté du caractère divin de la métamorphose qui s'opérait en moi et autour de moi? L'amour transforma mon corps et mon âme. Tout devint d'une telle finesse, d'une telle qualité de résonance! N'étais-je pas, Dieu, ta harpe aux mains d'Abélard? J'appelle le féminin cette musique.

Christiane Singer - Une Passion. Entre ciel et chair - Espaces Libres Albin Michel



vendredi 1 août 2008



Now that she's back from that soul vacation par elvellon


Nous vivons l'instant dans la présence non-mentale,
dans la présence nue à la réalité qui débouche sur la spontanéité.
Enfin naît une joie qui ne dépend plus des circonstances extérieures.

Nous atteignons alors la liberté.

Daniel Odier


mardi 29 juillet 2008

Aimer désespérément...

Dans ce recueil d'entretiens questionnant L'Amour,

André Comte-Sponville en évoque le gai désespoir (non pas le désespoir mélancolique mais le non-espoir) : ... L'absence de tout espoir offre à l'amour l'espace de liberté ; aimer désespérément serait le secret sans cesse vivant, sans attente, sans présupposé, sans exigence, dans une sorte de gratuité de l'acte d'aimer ...
... Le seul mot vrai de sagesse c'est "oui" ; le seul oui absolument complet, c'est l'amour. Il n'y a pas d'autre façon de dire oui au réel, en tout cas de façon plus complète et plus satisfaisante que de l'aimer tel qu'il est. C'est le oui joyeux. Aimer c'est se réjouir ; dire oui à ce qui est c'est être du côté de l'amour...

Et plus loin, Marie de Solemne poursuit : ... Aimer c'est donc aimer l'autre non le transparent mais l'opaque, l'énigmatique, l'insaisissable que l'on aura jamais fini d'explorer. Explorer et non coloniser. L'amour qui commence comme une aventure ne devrait jamais cesser de l'être ; accueil sans attente, sans image, accueil de l'inattendu...

Et n'est ce pas avant tout avec soi-même ; ce gai désespoir et ce oui de réjouissance, cette exploration et cet accueil de l'inattendu ? ...

Collectif Espaces Libres : "Aimer désespérément "- Albin Michel


lundi 21 juillet 2008

Françis Lucille - Un maître spirituel ...

Françis Lucille est enseignant spirituel issue des traditions védantiques et bouddhistes. Disciple de Jean Klein, la perspective non-duelle de la réalité est le coeur de sa pratique et de sa transmission sous forme d'entretiens. Il évoque dans ce passage les deux attitudes possibles quant à la recherche d'un maitre spirituel.

www.francislucille.com

Tant que vous croyez être une entité personnelle, vous avez le choix entre deux attitudes : ou bien vous souhaitez être aidé dans votre recherche, ou bien vous voulez découvrir la vérité par vous-même et ne désirez pas suivre un enseignant. Même si un ami vous aide sur la voie, vous devrez à tout le moins compléter le travail par vous-même. C'est pourquoi un enseignant digne de ce nom ne mâche pas le travail de son élève, mais lui donne des esquisses à compléter, à comprendre par lui-même. Ce principe universel s'applique à tous les types d'enseignement, enseignement spirituel inclus.

Quelle que soit celle de ces deux attitudes que vous adoptiez, vous êtes sur la bonne voie, dans le premier cas parce que le désir de trouver un maître spirituel vient d'un profond désir du soi, et dans le second cas parce que vous éprouvez un désir d'autonomie, de comprendre par vous-même, qui provient de votre autonomie et de votre intelligence foncières.
Si vous n'éprouvez pas le désir de trouver un maître, n'en ayez aucun souci. Chaque chose, chaque rencontre, chaque évènement de votre vie est votre maître. À un certain moment, vous êtes touché par des mots, lus ou entendus, ou par un être rencontré et vous vous ouvrez à la possibilité de vivre libre de la notion d'être une personne, de vivre sciemment dans la joie et la liberté de l'être.

Après une première ouverture, il arrive parfois que vous soyez assailli par le doute. Dans ce cas, vous voudrez peut-être rencontrer un être qui vit dans cette liberté. C'était dans cet esprit que j'entrepris de trouver un enseignant dans ma jeunesse, et je ne l'ai jamais regretté. Il se peut également que vous ayez des questions pour lesquelles vous souhaitez une réponse. Nous paraissons avoir beaucoup de raisons pour rencontrer un maître, mais en fait il n'y en a qu'une : se rencontrer soi-même. Vous êtes à la recherche de votre soi véritable, qui n'est pas limité à ce corps et ce mental. Votre soi est immense, splendide et immortel. Soyez ouvert à cette possibilité, soyez ouvert à la toute possibilité.

Françis Lucille - Le sens des choses - Editions Accarias l'Originel



samedi 19 juillet 2008



"La solution à un problème humain
ne s'effectue jamais
par une réponse à la question pourquoi"







François Roustang - Le sentir propre au vivant...

François Roustang est psychanalyste et hypnothérapeute. L'axe de sa relation thérapeutique est basé sur un état de "transe" où le laisser advenir tant du côté du patient que du thérapeute, trouve une place privilégiée dans le processus.


Il est facile de comprendre pourquoi ce sentir propre au vivant est le lieu de la modification. On peut le montrer de plusieurs façons. Lorsqu'on supprime le contrôle de la conscience et de l'intellect, on laisse libre cours non pas à l'inconscient, mais à une sensorialité qui ébranle la fixité de notre appréhension habituelle des choses et des êtres. Le mal-être, quelle que soit sa forme, relève toujours de la rigidité et de l'étroitesse. Or ce sentir se caractérise par une circulation incessante, une mise en communication et en correspondance. En d'autres termes, si nous allons mal, c'est que nous ne voyons pas, que nous n'entendons pas, que nous ne sentons pas. En nous immergeant dans le sentir sans réflexion, nous réapprenons la finesse et la perspicacité du sentir.
La solution de nos problèmes se trouve au-dehors, dans une appréhension nouvelle de notre situation. Pour cela, il s'agit de laisser venir à nous tout ce qui est alentour. Ce sentir propre au vivant est d'abord un laisser se mélanger toutes les données et ensuite une attente que tout retrouve sa place. Cela a lieu parce que le sentir est celui d'un vivant et donc d'un organisme qui, bouleversé un instant, revient à son point d'équilibre. Notre situation dans l'existence dépend de trop de facteurs pour que nous soyons capables de les appréhender par un effort d’intelligence explicite. Celle-ci est toujours d’une manière ou d'une autre, trop unilatérale. La sensorialité première, logiquement antérieure à celle que nous connaissons en dehors de la transe, tient compte à la fois de tous les éléments capable d'aboutir à une refonte de notre position actuelle...


François Roustang - Savoir attendre - Editions Odile Jacob Poche


mardi 15 juillet 2008

Françis Lucille - Peur et Désir


www.francislucille.com

Parce que la peur est la personne et que la personne est la peur. Peur et désir sont une seule et même chose. Car une peur peut être exprimée en termes de désir et inversement. Par exemple, dire «je désire que tel événement se produise» revient à dire «je crains que tel événement ne se reproduise pas». L'ego en tant que tel, la pure pensée «Je», ne peut pas se maintenir ; elle se résorbe immédiatement dans sa source, la conscience.
Le mécanisme peur-désir permet de prêter à l'ego un faux-semblant de continuité. Tant que je vis dans l'attente de l'évènement souhaité ou craint, la personne qui attend se maintient en vie. Il en résulte que le seul remède contre l'ego, qui est par la même occasion un remède contre la peur et le désir, est la compréhension que nous ne sommes pas cet ego soumis à la peur et au désir.
Celle compréhension est le résultat d'une enquête en profondeur. Arriver à la clarté intellectuelle sur ce point est déjà un premier pas important, mais cette compréhension doit pénétrer plus profondément, parce que peur et désir ont un profond impact sur la structure et la texture corporelles. Lorsque nous ressentons la peur, nous devons l'accueillir complètement, sur tous les plans. Nous devons en voir la source, la notion d'être une entité personnelle, mais nous devons aussi la sentir corporellement. Nous ne devrions pas être effrayés d'elle. Nous devrions la laisser se déployer librement en nous afin de la voir pour ce qu'elle est en réalité : une série de sensations corporelles avec lesquelles nous nous identifions inconsciemment.

Francis Lucille "Le sens des choses". Editions Accarias L'Originel



dimanche 6 juillet 2008



Hommage à l'instant présent partagé




L'Amitié Amoureuse ...



L’amitié c’est une très belle chose, infiniment précieuse. Elle implique un échange assez profond et une confiance mutuelle partagée. Elle peut perdurer à travers tous les aléas de la vie, mais elle connaît nécessairement des moments où son intensité, les rapprochements qu’elle induit sont plus ou moins fréquents, plus ou moins riches. Elle peut aussi bien sûr s’étioler ou s’éteindre mais quoiqu’il en soit elle s’inscrit dans une temporalité au minimum assez longue.

L’amitié peut s’enrichir de tendresse partagée, de contacts plus ou moins poussés, plus ou moins accomplis entre les corps, s’auréoler de ce plaisir qu’on appelle à la légère physique comme disait une grande dame, bref se parer de tout ce qui peut la faire qualifier d’amoureuse.

C’est une amitié comme une autre mais qui comporte ce plus (et quel beau plus !) d’impliquer les personnes dans leur entier, sans les saucissonner comme le fait trop notre culture judéo-chrétienne entre l’âme noble et le corps méprisé.

C’est une amitié qui ne peut fonctionner qu’en se pensant sans exclusivisme, sans attente démesurée, dans le respect de l’autre et des liens auxquels chacun est attaché par ailleurs, favorisée par un minimum de distance et un contexte qui ne saurait être celui du quotidien. Elle n’est pas passionnée, certains pourrait penser que de ce fait elle n’est que tiédeur, qu’elle n’en vaut pas la peine. Ils auraient bien tort. Enfin peut-être est-elle le privilège d’adultes mûrs affectivement (enfin, à peu près, qui l’est jamais tout à fait !).

Oui peut-être n’est-elle concevable qu’à une certaine étape de la vie, quand les passions de tous ordres se sont au moins en partie émoussées, il y a moins d’exaltation certes mais moins aussi de déconvenues cruelles, oui elle est un privilège de la belle maturité, il nous en faut bien quelques uns de privilèges à nous jeunes croulants qui ne le sont pas encore trop…

Si nous la rencontrons, l’amitié amoureuse, sachons en jouir.

Texte consulté sur le blog : http://valclair.canalblog.com

jeudi 3 juillet 2008




Il ne faut pas se méprendre sur la signification véritable de cette acceptation, de cet abandon à la vie. Ce n’est en rien la résignation du fainéant ou le fatalisme du lâche qui tous deux naissent du mental. L’acceptation réelle provient de la compréhension de son inexistence.
L’acceptation signifie ne plus vouloir se changer soi-même, ni les autres, ni le monde. L'homme s’abandonne à la vie telle quelle est, sans aucun désir de modifier quoi que ce soit.
Le «Je» a pris conscience de sa totale impuissance et il l’accepte, c’est ce qu’on appelle l’humilité véritable. Cette humilité ne naît pas d’un rabaissement du «Je», mais de la compréhension de la non-existence du «Je».


Texte trouvé sur le blog http://hervecortina.unblog.fr


Sri Nisagardatta - Acceptation et présence



Qu'y a-t-il de mal à chercher l'agréable et se détourner du désagréable? La rivière de la vie coule entre les rives de la souffrance et du plaisir. Il n'y a de problème que si le mental refuse de couler avec la vie et reste cloué aux rives. Ce que j'entends par couler avec la vie, c'est l'acceptation, laisser venir ce qui vient et laisser aller ce qui va. Ne désirez pas, n'ayez pas peur, observez le présent tel qu'il est et quand il arrive, car vous n'êtes pas ce qui arrive, mais celui à qui ça arrive. Et au fond, vous n'êtes même pas l'observateur. Vous êtes la potentialité ultime dont la conscience qui embrasse tout est la manifestation et l'expression.
(...)

Il n'y a rien dans l'événement présent qui le rende différent du passé ou du futur. Car le passé fut réel l'espace d'un instant et le futur le deviendra. Qu'est-ce qui rend le présent si différent? Ma présence, évidemment. Je suis réel parce que je suis toujours maintenant, dans le présent, et ce qui est avec moi, maintenant, participe de ma réalité. Le passé est dans la mémoire, le futur dans l'imagination. Il n'y a rien dans le présent lui-même qui le fasse ressortir comme réel. Ce peut être un fait banal, répétitif, comme le battement d'une horloge. Bien que nous sachions que chaque battement est identique aux autres, le battement présent est entièrement différent du précédent et du suivant, qui sont, eux, remémorés ou attendus. Une chose qui fixe mon attention dans le maintenant m'est présente parce que je suis toujours présent ; c'est ma propre réalité que je communique à l'événement présent.

Entretiens de Sri Nisagardatta, rassemblés dans un livre "JE SUIS" aux Editions Les Deux Océans


vendredi 27 juin 2008




L'amour sexuel tantrique

J'ai extrait ce texte du site http://www.lenouvelhomme.ch lors de mes recherches sur l'amour, la sexualité et le tantra.

Les médias se sont fait complices de l'ignorance qui prévaut dans notre société à l'égard de l'amour sexuel. Ils le réduisent à une affaire de positions, de jeux de pouvoir et de séduction et il est surprenant de constater que pratiquement tous les articles qui traitent de la sexualité ne parlent jamais d'amour ! Comment garder son partenaire, comment pimenter sa vie sexuelle, comment savoir si il ou elle nous trompe ou encore comment accroître le plaisir sont les thèmes généralement traités. Comment, comment, comment .....!

L'acte d'amour sexuel n'a rien à voir avec des techniques mais avec l'amour et son expression à travers le corps et le sexe. La sexualité tantrique a également fait une percée dans la palette des séminaires de développement personnel mais sa vérité a pu être aussi absorbée et diluée par le mensonge de notre ignorance. On ne peut utiliser le prétexte du divin, du spirituel ou du sacré pour justifier l'accès à toutes les pratiques sexuelles qui nous attirent mais que nous n'osons assumer pleinement.

L'excitation semble être le moteur de l'échange sexuel mais l'excitation n'est pas l'amour. Elle conduit à suivre ses désirs égoïstes au détriment d'une authentique rencontre et d'une vraie intimité. L'autre est alors utilisé comme moyen de générer de l'excitation qui conduit au plaisir et à l'orgasme. Un accord tacite veut que ce plaisir soit partagé et non pas égoïste mais il est, dans les deux cas, toujours au service de quelque chose qui n'est pas l'amour.

L'acte d'amour sexuel ne se focalise pas sur la recherche de l'excitation mais bien plus sur l'énergie d'amour qui se crée en étant présents l'un à l'autre et présents à ce qui se passe dans tout notre corps. Nous entrons là dans un univers de subtilité qui échappe complètement à la gamme des sensations produites par l'excitation. Pour donner un exemple pratique, l'homme ne cherchera pas à pénétrer la femme de toute son envie (ou de sa violence), mais caressera de ses mouvement l'intérieur de son vagin avec son pénis comme si il y avait là une main aimante qui caressait sa bien-aimée. Il doit faire preuve de subtilité, de finesse et de fermeté pour suivre et coopérer avec le mouvement de l'énergie et rester suffisamment attentif à ce qui se passe dans sa partenaire pour épouser au mieux cette respiration intime.

Il n'est pas question ici de préliminaires, mais de l'amour qui à lui seul peut générer une érection et un désir qui n'est pas celui de jouir, mais de goûter à sa (son) partenaire dans toutes ses dimensions.

L'homme et la femme doivent mourir à la partie sexuelle de leur ego, mourir à leurs impulsions égoïstes pour offrir à l'autre (et en retour à soi-même) l'amour le plus fin dont ils sont capables. Cette énergie, renforcée et augmentée des éléments subtils libérés en faisant l'amour, génère un feu qui participe activement au processus de la transformation intérieure.

Une telle rencontre nous confronte avec notre peur de l'intimité, du lâcher prise et de l'abandon à une puissance plus grande que ce dont nous avons l'habitude. Il ne suffit pas d'être à l'aise avec sa sexualité mais il faut encore avoir le cœur ouvert pour que le centre sexuel, le cœur et tout notre être se retrouvent dans une unité vivante, fluide et alignée sur une conscience présente à chaque instant.

Progressivement, l'acte sexuel amoureux se distinguera de tout ce que nous avons connu et retrouvera sa dimension sacrée. Le travail sur nous-mêmes pour accroître notre conscience portera ses fruits dans les autres domaines de notre vie et réciproquement. Faire l'amour sera parfois si puissant que pour en absorber les effets, plusieurs jours ou semaines seront nécessaires. Nous serons mis constamment au défi d'absorber de plus en plus d'amour et de nous aligner avec l'expansion intérieure qu'il provoquera en nous. Faire l'amour ne sera plus le lieu d'un plaisir rapide et passager mais le lieu privilégié d'une transformation intérieure qui dévoile peu à peu le nectar de l'amour que nous sommes.


mardi 17 juin 2008

Karl Graf Durckheim - Rendre visible le Divin dans le monde


La raison d'être de l'homme, semblable à celle de toutes les créatures, est de rendre visible le Divin dans le monde. Ce qui distingue l'homme, c'est que la grande, la Divine Vie, veut devenir consciente d'elle-même en lui, dans la liberté, briller dans une vie consciente et «prendre une forme».
«L'homme juste» est celui qui manifeste dans le monde, en toute liberté et dans une conscience lumineuse, l'Etre Divin, présent dans son Etre essentiel, qui le manifeste par l'éclat de sa vie intérieure, par le rayonnement de sa façon «d'être là» et par la bénédiction qui accompagne tous ses actes.
L'état qui permet à l'homme de remplir cette mission est celui où l'Etre peut se manifester dans sa plénitude étincelante, dans son ordre intérieur et dans son unité. L'expression complète d'un tel état humain ne se réalise pas d'emblée : elle apparaît d'abord comme une personnalité existentielle qui, étant uniquement dirigée vers l'existence extérieure, empêche la prise de conscience de l'Etre authentique.
C'est pourquoi le démantèlement de cette personnalité extérieure, «naturelle», dont le centre est le petit «moi», est nécessaire. Le «moi » ne se préoccupe que de lui même et de la possibilité d'une existence sans heurts dans le monde. Il ne s'intéresse nullement à une «maturation» possible, issue de l’Etre authentique et ne s’affirme dans le monde que par une conscience tendant à encadrer la vie dans des notions et des principes rigides.

L'homme «se tient» ainsi dans le monde, d'une façon rationnelle, ne maîtrisant ce monde qu'en fonction d'un but et ne l'évaluant qu'en fonction de valeurs fermement établies. C'est précisément l'existence d'une telle attitude qui voile l'Etre dans la conscience.
Le centre de cet état est le «moi» qui fixe et distingue, n'ayant d'intérêt que pour ses propres aspirations existentielles. Par lui, l'homme s'écarte de la communion inconsciente avec l'unité de la Vie, et, avide de s'affirmer, n'ayant confiance qu'en lui-même, il fait, ainsi, face au monde. Cette position rigide entraîne inévitablement la rupture avec l'unité de la Vie et, à la place de cette unité, nous trouvons l'opposition entre le «moi» existentiel et l'Etre essentiel…
Pourtant, l'homme ne peut exister pratiquement que grâce à ce «moi» qui maîtrise le monde au moyen de notions fixes. Il faut donc que l'homme parvienne à développer une «manière d'être» où son «moi» reste préservé, tout en devenant perméable à l'Etre qui transcende les compréhensions du «moi». C'est alors qu'il pourra devenir un homme «authentique» dans le vrai sens du terme, une personne à travers laquelle se manifestera l'Etre dans l'existence.
Atteindre cette forme de «présence» requiert un «exercice » continuel qui exige de comprendre le quotidien comme «pratique spirituelle».

Karl Graf Durckheim - Pratique de la voie intérieure - Le courrier du Livre