vendredi 27 mars 2009


La blessure initiale appartient à notre ombre.

C'est notre chemin initiatique.
Dans la lumière de la conscience,
elle ouvre la porte à ce qui est secret,
à nos ressources et à nos perles intérieures.


vendredi 20 mars 2009

Jean Klein - La tranquilité, libre de toute pensée ...



N'essayez jamais d'arrêter les pensées. Votre nature réelle, la tranquillité, n'est pas dans l'absence de pensée, c'est la source même de la pensée et de la non-pensée. Toutes les techniques stoppant le mental font partie du devenir, de la réussite, du mental lui-même. Prenez note simplement de ces moments où les pensées s'arrêtent. Accordez plus d'importance à ces moments. Lorsqu'on lui permet de faire cela le mental se met automatiquement à fonctionner, à agir, à se reposer correctement au moment approprié.
Le corps est fondamentalement en bonne santé, et possède une mémoire organique. Si nous ne la perturbons pas, il se prend lui-même en charge. Lorsqu'il n'y a rien à faire, lorsque aucune situation ne requiert la mémoire fonctionnelle et que la mémoire psychologique est en suspension, alors on est dans la tranquillité, libre du passé, du présent et du futur. Cette tranquillité est autonome vis-à-vis de toute mémoire, individuelle ou collective. C'est la source de l'activité. La pensée créative ne peut surgir de cet arrière-plan que libérée de l'empêchement de l'ego.

Devenez plus conscient du moment où une pensée, une activité touche à sa fin. Vivez en identité avec ce moment. Vous sentirez l'ego chercher une nouvelle pensée afin de poursuivre son existence. Il est incapable de survivre sans le combustible de la relation sujet-objet.
Lorsque vous êtes libre de l'image du Soi, votre pensée n'est qu'un véhicule occasionnel. Lorsqu'il n'y a rien à penser, vous ne pensez pas. La pensée continue est une défense, une forteresse pour l'ego, rien d'autre. Habituez-vous dans la vie quotidienne à regarder les situations sans l'intervention du «je» et de ses désirs, aversions, résistances, préférences, etc. Maintenez ce regard sans motif et vous découvrirez que lorsque l'observateur et l'observé ne sont plus alimentés, ils disparaissent.
Vous vous trouverez alors dans le regard même. Ce regard simple libéré, de celui qui fait et de ce qui est fait, est la conscience éternelle, l'arrière-plan de toute activité.

Cela semble demander une vigilance énorme de maintenir ce regard et cette exploration de façon à ne pas être pris par des facteurs secondaires comme les sentiments, les états et les pensées. Il n'y a pas d'effort dans le fait d'être vigilant. Acceptez le fait que l'état naturel du cerveau soit l'attention, la vigilance, et détendez-vous dans cette acceptation. Elle vous amènera dans une nouvelle dimension. Soyez comme les animaux sauvages qui sont parfaitement vigilants sans référence à aucune image de soi, passée ou future. Le corps naturel est aussi éveillé qu'une panthère. La vigilance n'est pas une action, c'est une réceptivité.


Qui suis –je ? La quête sacrée - Jean Klein - Editions Le Relié poche



mercredi 11 mars 2009

Richard Moss - Au commencement de soi même ...

Ce dernier ouvrage de Richard Moss nous introduit vraiment à reconnaitre les histoires crées par l'égo et nous invite à nous positionner au cœur et au centre de nous mêmes ; dans le moment présent, source de richesse de perception de l'Etre.

wwwrichardmosseurope.com


L'orientation de la conscience vers le présent se répercute en profondeur sur la façon dont nous vivons notre vie. Nous découvrons peu à peu dans notre corps et notre coeur que plus nous sommes proche du présent de nous-même, plus nous disposons d'une énergie spirituelle et créative.
Se rendre au centre du «Mandala», c'est retourner à la Source. Notre esprit se fortifie ; nous avons une capacité plus grande d'attention et de conscience. Cela nous permet automatiquement de nous regarder avec plus d'objectivité et de moins nous identifier avec nos vieilles histoires.
Authenticité et spontanéité suivent naturellement. Nous endossons une autorité véritable, celle qui vient d'une connexion croissante à notre essence et non celle qui est conférée par les diplômes ou d'autres réussites sociales et culturelles. Cette autorité ne cherche pas à s'imposer, mais demeure humble, plaisante, bienveillante et indulgente.
Je l'appelle le fonctionnement du soi supérieur.


Au contraire, plus nous nous éloignons du centre, moins nous sommes adapté au présent et plus nous nous crispons dans une identification tenace avec notre sentiment de séparation. Ce dernier se manifeste sous la forme de diverses identités qui doivent être défendues.
Notre psychologie de base devient stratégique et est dominée à des degrés variables par la peur, la méfiance, le calcul et la survie. En nous éloignant de la Source, nous perdons notre énergie spirituelle et fragilisons notre esprit. Nous sommes de plus en plus entraîné à nous identifier avec nos histoires et nos émotions, à nous définir en fonction de notre conditionnement culturel et à devenir dépendant du soutien de l'esprit de groupe.
Je l'appelle le fonctionnement du soi limité.


Il est capital d'apprendre à retourner au commencement de nous-même, car nous fortifions ainsi peu à peu le muscle spirituel - le pouvoir d'attention - nécessaire pour aborder les émotions difficiles, voire inapprivoisées qui nous ont conduit loin de nous-même tout au long de notre vie.
Nous pouvons alors observer les histoires qui nous servent à esquiver les sentiments de notre profondeur et nous désengager des émotions apprivoisées que ces histoires ont créées en nous. Lorsque nous sommes vraiment présent dans l'Immédiat, les pensées peuvent être perçues comme dans un ralenti.


Lorsque nous sommes dans notre commencement, nous n'avons même pas besoin de dire «Non». Nous faisons un avec nous-même et pouvons vraiment regarder les histoires émerger, puis se dissoudre avant même qu'elles deviennent moi.
Ce désintérêt n'est ni le déni ni la répression de ces histoires ou des sentiments qu'elles créent, c'est la réalisation du Soi. Nous savons qu'elles ne sont pas qui nous sommes en réalité, elles n'ont donc pas d'importance.
En apprenant à reconnaître facilement ces fictions qui nous attiraient loin de notre essence, nous constatons qu'elles ont perdu leur pouvoir et nous pouvons les regarder avec amusement quand nous les voyons poindre. Elles sont comme de vieux amis et il est difficile de ne pas sourire à un vieil ami, surtout quand on sait qu'il cherchera à nous ramener directement à ces conflits bien trop familiers dont nous savons maintenant qu'il vaut mieux ne pas leur consacrer d'énergie.



Richard Moss - Le Mandala de l'Etre - Editions Albin Michel



mardi 24 février 2009

Yvan Amar - Une intelligence plus vaste...



Il n'y a de liberté que dans l'intégration absolue.
Il n'y a pas de liberté en sortant, en s'excluant de la roue de la vie.
Une liberté en s'intégrant

En retrouvant le sens d'une appartenance.
Une appartenance à quelque chose qui est de l'ordre de la roue
mais pas une roue fermée

Une roue beaucoup plus vaste que la représentation qu'on en a.

Pour cette raison, cela a un sens de faire grandir ce que nous appelons la sensation, l'émotion ou la pensée, dans la mesure où c'est se déployer, s'intégrer à une intelligence plus vaste que l'ensemble des parties qui la constituent.

Yvan Amar - La pensée comme voie d'éveil - Le Relié Poche



mercredi 18 février 2009


Tant que le mental et les émotions sont toutes puissantes,
nous ne vivons pas notre existence, nous la pensons.
Si le mental meurt, nous pourrons alors aimer ...


samedi 14 février 2009

Thierry Vissac - L'Amour nous révèle la nature essentielle de la Vie


L'Amour n'est pas une émotion. L'Amour n'est pas lié à une personne et il ne lie à personne. L'Amour est la substance même de la Vie. On reconnaît «l'expérience» de l'Amour au fait qu'elle nous révèle la Nature essentielle de la Vie. L'Amour est une Communion. Il ne s'agit même pas d'un sentiment, même si nous pouvons traduire la communion par ce terme. L'objet, la situation ou l'être humain que nous croisons est le support ou la destination de l'Amour, c'est le moment où l'existence personnelle se reconnaît Unique et Infinie. Il n'y a alors plus «personne» pour aimer une autre «personne».
La Communion, l'Amour, tolèrent la distance physique parce qu'il a été vu que la substance de l'Amour n'est pas contenue dans «le contact», dans «l'autre», mais qu'il peut être indifféremment reconnu à tout moment, en toute personne, quelle que soit la distance, quels que soient les intérêts ou manque d'intérêts que l'ego peut y trouver.

Thierry Vissac -
www.istenqs.org


vendredi 13 février 2009

Pascal Pichaud - Restons dans l'immobilité intérieure...



S’il est une habitude mentale, c’est de tenter d’échapper à la réalité concrète. Au nom d’une insatisfaction, d’un manque ou d’une attente qui semble inacceptable, la pensée en refus va créer un désir : transformer ce qui est.
L’espoir d’un changement va naître et mettre en action le mouvement d’aller vers, faisant perdre à celui qui l’anime, son statut originel d’Immuable. Les qualités naturelles de sérénité et de paix feront place à l’agitation, la nervosité, l’incompréhension et parfois au désespoir.
Ce désir de transformation est un leurre, un choix que le mental inflige. Plutôt que d’accepter ce qui est, il se propose par l’imaginaire de virtualiser l’existence et ainsi évite de la vivre telle qu’elle est.
Sortir de l’immobilité intérieure engendre la tension.
Rester dans l’immobilité intérieure, témoin de ce qui est, permet d’être indépendant d’un mental qui ne cesse de vouloir ce qu’il n’a pas, repousse ce qui lui déplaît et oblige en une course folle à la réalisation des désirs.

Ne transformez rien, ne changez rien, ne bougez plus.
Voyez l’œuvre de perfection s’accomplir d’elle-même.
Contemplez.
Contemplez la performance miraculeuse de l’intelligence Divine, indépendante de toute volonté humaine.
Contemplez le PARFAIT de votre vie, contemplez le PARFAIT en action par amour pour vous.
Ne cherchez plus la transformation, laissez la venir à vous.
Ne cherchez plus à vous transformer, laissez vous transformer.

Pascal Pichaud


lundi 9 février 2009

Martin Evans - Cultivons la bonté envers nos pensées

Martin Evans est un disciple laïque de la communauté bouddhiste Theravâda (tradition monastique de la forêt en Thaïlande)


J'avais l'habitude de dire « si c'est possible de lâcher, lâche », et je testais des choses avec ce mantra. J'avais l'habitude de soumettre à cette enquête tout ce qui me venait à l'esprit. Ensuite je testais mes sentiments, me demandant «Qui ressent de cette manière ?» et m'arrêtais sur le silence qui s'ensuivait dans mon esprit.
C'est la pratique de connaissance profonde (vipassanâ). Elle ne dépend d'aucune technique de méditation, c'est seulement une manière d'abandonner notre attachement au moi et au mien, notre esprit avide. Mais nous n'essayons pas de mettre l'esprit en échec.
Nous voulons nous battre avec l'esprit parce qu'il n'est pas comme nous voudrions qu'il soit. Mais nous devrions changer d'attitude. Nous devrions cultiver la bonté envers les pensées qui surgissent dans nos esprits. En essayant de supprimer les pensées ou de leur faire barrage, nous leur donnons plus de pouvoir. Quand nous n'y faisons pas particulièrement attention, elles s'en vont de leur plein gré, quand elles veulent. Cette volonté de supporter ce qui surgit dans l'esprit demande de cultiver une patience sans borne ; quelle merveilleuse qualité à développer !


Certaines pensées sont très collantes. Les pensées persistantes sont celles dont nous voulons le plus nous débarrasser. Ce sont celles qui ont quelque chose à nous apprendre. Nous devrions donc les écouter. Laissons-les être nos enseignants. Quand nous aurons appris ce que nous devons savoir, elles ne nous ennuieront plus à nouveau.
C'est comme si vous conviez vos invités dans une pièce où il y a une seule chaise et que vous êtes assis dessus. Vos invités sont les bienvenus, mais il ne peuvent pas rester longtemps car ils n'ont pas d'endroit où s'asseoir. Quand les gens sont dans l'inconfort, ils se révèlent et vous pouvez les voir comme ils sont vraiment.
Nous ne devrions donc pas lutter contre nos pensées. Sélectionner celles que nous aimons ou que nous n'aimons pas ne fait que nous piéger dans nos préférences, notre monde conditionné. Ce n'est pas la façon de les voir comme elles sont. L'esprit est un réceptacle à pensées. En lui, les pensées surgissent et cessent ; c'est la nature de l'esprit.

Quand vous pratiquez la présence d'esprit, cette pratique du maintenant, vous êtes conscients de tout ce qui surgit dans le moment. Quand les pensées surgissent, vous les laissez demeurer debout jusqu'à ce qu'elles partent. C'est ainsi que vous devriez vous comporter avec vos pensées. Vous ne vous asseyez pas avec une pensée de convoitise ou une pensée de colère. Laissez-les demeurer debout jusqu'à ce qu'elles se révèlent et partent.
Mais ne méprisez pas les pensées, car si vous le faites vous mépriserez l'esprit. C'est dans l'esprit que les connaissances profondes surgissent. L'esprit est le lieu de notre réflexion, là où nous pouvons voir les choses comme elles sont. Nous n'avons pas de meilleur ami que notre esprit.
J'ai entendu des gens dire que ce qu'il veulent faire c'est arrêter l'esprit. Mais ils concentrent l'esprit ici même pour échapper à ce qu'il n'aime pas ici même. Ils s'enfuient. Ils pensent qu'il y a un endroit où ils peuvent se cacher. Mais ils essaient de se cacher dans leur propre maison. De quoi se cachent-ils ? C'est terriblement triste, car ce corps et cet esprit est tout ce qu'ils ont au monde. Ce qu'ils doivent arrêter, c'est l'esprit avide. C'est alors que l'on trouve le vrai bonheur.


Nous habitons un corps, c'est ce qui nous maintient sur terre. Il peut nous causer beaucoup de douleur. La douleur physique contribue à nous rappeler que nous sommes liés à un corps. Elle nous ramène sur terre. C'est un bon endroit pour centrer l'esprit et laisser aller.
De même pour l'agitation (l'in-quiétude). Ce sont nos enseignants. Nous devrions rester avec eux et apprendre. Ne vous précipitez pas hors de la classe avant que le maître ait terminé la leçon. Regardez cette agitation. Ce n'est pas un problème, c'est un professeur magnifique, mais nous devons développer la patience pour rester avec elle.

Pourquoi faisons-nous cela ? Parce que cela nous conduit à la liberté. Quand nous savons ce qu'est l'agitation, nous n'avons pas besoin de la fuir. Quand nous cessons de fuir, l'esprit est complètement calme, à la fois pour le corps et pour l'esprit, quel que soit ce qu'apporte le moment, dans le moment, dans le maintenant.

Et c'est ici que la transformation se produit, ce retournement de ce qui a été si longtemps caché à l'intérieur. Toute notre humanité, vulnérabilité et compassion, repliées à l'intérieur, se tournant vers le monde comme une fleur qui s'épanouit.
Il faut peut-être développer beaucoup de qualités que nous n'avons pas encore. Mais plus que tout nous devons développer cette qualité de confiance. C'est la confiance dans le chemin de la pratique et notre certitude de notre propre capacité de réflexion naturelle pour comprendre ce corps et cet esprit et voir les choses comme elles sont.




dimanche 8 février 2009



Aimer c'est révéler à l'autre sa splendeur
et lui rendre sa liberté


Eric Baret



jeudi 5 février 2009

Sylvie Germain - L'insolence de la Beauté

Sylvie Germain est essayiste et romancière. Ce passage nous invite à l'exploration généreuse de la Beauté, dans cette renaissance sensuelle au monde, dans sa force vive, son insolence et dans sa liberté.


L'expérience de la beauté est chaque fois une plongée dans une fontaine de jouvence ; nos sens, notre esprit «renaissent» au monde, des sensations et des intuitions aussi neuves que vivaces les traversent, les aiguisent.
Les artistes, et par excellence les poètes, sont des messagers de la beauté dont ils tentent de transcrire, en mots, en formes, en couleurs, en sons, les mystérieuses inflexions comme les mystiques le font du souffle de l'Esprit.
Mais tous ces messagers savent (ou alors, s'ils l'ignorent, quelle illusion mutilante !) que leurs œuvres ne sont et ne seront jamais que des ombres, aussi cristallines ou flamboyantes soient-elles, projetées par le subit jaillissement de lumière de la beauté qui demeure indicible.

Car la beauté est une force vive que rien ne peut enclore, immobiliser. On ne peut pas davantage capturer un rire que le frisson d'une caresse, le chant perçant d'un oiseau à l'aube que le fabuleux mugissement d'un grand vent, une trouée couleur de myosotis dans un ciel granité d'orage que le chatoiement argenté d'un peuplier, l'odeur d'un feu de ronces que celle d'un tilleul en fleur.
La beauté allie les extrêmes : la plus folle douceur et une pure violence, la sensualité et une chasteté toute de transparence, la fugacité et la puissance, la gravité et la jubilation, la rigueur et une totale liberté, l'insolence et la souveraineté...

Une souveraine insolence : celle qui surgit à l'improviste, crevant l'épaisseur du temps comme une fleur de rocaille d'un jaune éclatant perce et du même coup illumine un mur de pierres grises; une souveraine insolence qui provoque en rafale la surprise, l'admiration, la gratitude à l'égard de la terre, de la vie, et qui dynamise d'un même élan l'étonnement d'être«là», au monde, et le désir d'y croître ; d'y croître et d'y durer dans toute notre gloire de vivants.
C'est cette sève-là, ce souffle si vivifiant, cette ivresse doublée de lucidité, et par-dessus tout une intense capacité à produire de la liberté (pas seulement un sentiment de liberté, mais plus fondamentalement un sens et une intelligence de la liberté) qui fondent la beauté et rendent féconde son insolence. Il n'y a pas d'autre insolence qui vaille.

La liberté qu'offre la beauté est une liberté intérieure, celle qui instaure, ou restaure en nous un lumineux «esprit d'enfance» d'aventure et d'invention, de désir d'être et de partir sans cesse explorer le mystère du temps, de caresser le monde : visible et invisible. C'est celle qui d'un même mouvement nous renvoie à infiniment plus et autre que nous-mêmes et au cœur le plus secret de notre propre personne, là où luit l'absolu de la beauté qu'Augustin a découvert tardivement, mais si passionnément aimé. « Tard je vous ai aimée, Beauté si ancienne et si nouvelle, tard je vous ai aimée. C'est que vous étiez au-dedans de moi, et moi, j'étais hors de moi... »

Sylvie Germain - Songes du Temps - Editions Desclée de Brouwer



lundi 2 février 2009


Toccando il tempo... par Eli - Elisabetta Ronchi



Albert Einstein - L'être humain dans ce tout de l'Univers...




Un être humain fait partie d'un tout qu'on appelle «l'univers». C'est un élément limité dans le temps et l'espace. L’être se ressent, avec ses pensées et ses sentiments, comme séparé du reste - une sorte d'illusion d'optique de sa conscience. Cette illusion est comme une prison qui nous confine à nos désirs personnels et à notre affection pour quelques personnes proches de nous. Notre devoir est de nous libérer de cette prison en élargissant le champ de notre compréhension et de notre compassion pour embrasser toutes les créatures vivantes, la totalité de la nature dans sa beauté.





mercredi 28 janvier 2009



Avec patience et confiance, arrêter de courir

Laisser venir cette voix en moi qui appelle à se faire entendre
Donner espace à la vérité qui vit au fond de moi
Parvenir ainsi à la complétude.

Désormais, je m'appartiens.

Cela a pris du temps, bien des années et bien des lieux
J'ai été anéantie et bousculée
J'ai porté le visage d'autres personnes
Couru comme une folle
Comme si le Temps était là-bas
Terriblement vieux, criant pour m'avertir :
« Dépêche-toi ou tu seras morte avant... .
Avant quoi ? que le matin n'arrive ?
Que la fin du poème ne soit prononcée ?
Ou que l'amour ne soit, sauf dans un cœur fortifié?

A présent, rester immobile, être là
Sentir mon propre poids, ma propre densité
Désormais, j'ai le temps, et le Temps est jeune
Oh, dans cette heure unique je vis
Moi tout entière, et sans bouger
Moi qui, poursuivie, courais comme une folle
Immobile maintenant, immobile
J'arrête la course du soleil !

Poème inspiré...


lundi 26 janvier 2009



Tout est mouvement.
Tout se transforme en permanence.
Tout moment est le bon.

Le vivant nous enveloppe.






vendredi 23 janvier 2009

Marie de Hennezel - Connaître l'âme humaine

Marie de Hennezel est psychologue et psychothérapeute. Elle a travaillé dans une unité de soins palliatifs. Elle anime aujourd'hui des conférences et séminaires de formation à l'accompagnement de la fin de vie. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. L'extrait qui suit parle de son métier et dans quelle dimension de l'Etre, elle l'inscrit.



Le psychologue est celui qui a «une connaissance de l'âme humaine». Celle-ci étant insondable, mystérieuse, infinie, la sagesse du psychologue est peut-être de savoir qu'il n'en fera jamais le tour. Renonçant à la connaître toute, il lui appartient néanmoins de lui accorder une attention infinie. Mais étudier l'âme, l'observer, ne suffit pas. Certains s'en contentent. Ce sont des entomologistes de la psyché, pas des psychologues. Ils se privent de l'essentiel : la rencontre avec l'autre, qui ne laisse jamais indemne. Car s'adresser à l'âme d'autrui, c'est frapper à une porte qui ouvre sur l'inconnu. On ne sait jamais comment on sortira de là.

Prendre le risque de l'âme, le risque de s'engager avec sa propre âme à la rencontre de celle d'autrui, c'est notre métier. Parler à l'âme d'autrui. Laisser parler cette âme, l'entendre, dialoguer avec elle, prendre soin d'elle. Voilà la mission du psychologue. Je préfère le mot âme au terme grec de psyché. Mais sans doute faut-il préciser que je ne l'emploie pas dans son sens religieux.

L'âme, c'est ce qu'il y a de plus profond, de plus intime, de plus mystérieux et secret chez l'être humain. C'est sa vie affective, sa subjectivité, ses sentiments, ses intuitions, sa pensée, sa sensibilité. Tout un monde intérieur de représentations, de mouvements, d'émotions, qui échappe à tout contrôle, à toute tentative d'appropriation. La liberté et la dignité intrinsèques de l'humain.

Comme le montrent les écrits et témoignages de ceux que, de tout temps, on a cherché à avilir, on peut blesser l'âme, l'opprimer, l'humilier, la torturer, mais on ne peut l'anéantir. Elle se protège derrière d'épaisses murailles, se rétracte au fond d'immenses souterrains, promène sa peine en quête d'apaisement et finalement continue à vivre dans l'invisible, même quand le corps est détruit.
C'est cette âme chantée par les poètes, explorée par les Grecs, puis par la psychanalyse à qui, je veux parler.

Mes amis se moquent parfois quand je leur demande : «Comment va ton âme?» que je préfère au «Comment vas-tu?», si banal. C'est ce qui m'intéresse chez l'autre. Cette profondeur sensible en lui, en elle, son «état d'âme», tellement plus passionnant que les aléas de sa santé ou ses états de service!

La psychologie a toujours été pour moi l'art de parler à l'âme. Écouter est essentiel pour éponger le trop plein d'angoisse, mais cela ne suffit pas. L'âme en souffrance aspire à prendre conscience d'elle-même, à sortir de sa prison si elle est enfermée, à identifier ce qui fait obstacle au désir, pour retrouver la joie de vivre, de chanter, de danser, à prendre la mesure de la grandeur à laquelle elle est appelée.

Car toute âme est invitée à vivre et à s'épanouir. Nous ne sommes pas seulement des «épongeurs d'angoisse» mais aussi des directeurs de conscience modernes. Non pas guidés par une morale religieuse, mais par le souci de permettre à ceux qui viennent vers nous en quête de sens, de trouver leurs propres réponses. J'ai appris très tôt qu'il y a la pointe visible de l'âme et sa profondeur invisible, ce que l'on perçoit d'elle à travers ses mouvements, les émotions, et puis tout cet inconnu de soi, ce réservoir inouï des possibles.

Qu'est-ce qu'être psychologue, sinon exercer cet art de soigner par la parole? Les mots que nous mettons sur les souffrances qui nous sont confiées, sont destinés à panser les blessures et plus encore à les éclairer.

Qu'est-ce qu'être psychologue, sinon ressentir et mettre en oeuvre cette passion pour l'humain, pour la manière dont chaque personne essaie, comme le dit si bien Christian Bobin, «d'extraire du chaos de sa vie un peu de lumière». Je demeure, après plus de trente ans de métier, toujours étonnée par la profondeur, la complexité de l'humain. Tant d'années passées à entendre le mal-être ont paradoxalement renforcé ma confiance pour les forces inouïes à l' œuvre dans les profondeurs de l'être, dans cet «au-delà» qui est un «au-dedans».

Je me passionne pour l'être humain. «Cette créature qui marche délicatement sur une corde raide», comme l'a dit un jour Aldous Huxley, «avec l'intelligence, la conscience et tout ce qui est spirituel à un bout de son balancier, et le corps et l'instinct et tout ce qui est inconscient, terrestre et mystérieux à l'autre bout.»

De quelle façon l'humain survit-il au désespoir d'être séparé de l'Un par sa naissance? De quelle façon tente t’il la difficile traversée de la vie, comble t’il le vide entre les grands rendez-vous de l'enfance, de la vieillesse et de la mort? Comment supporte-t-il de n'être pas tout sur cette terre? C'est ce que je veux savoir.


Marie de Hennezel - La sagesse d'un psychologue - Editions L'Oeil Neuf



lundi 19 janvier 2009

Jack Kornfield - La sagesse du coeur

Jack Kornfield est un enseignant de tradition bouddhiste qui a largement participé à la connaissance de la pratique de la méditation vipassana en Occident.

www. jackkornfield.org


L'accomplissement spirituel n'est pas le résultat d'une connaissance ésotérique particulière, de l'étude des grands textes ou des soutras ni de l'apprentissage systématique des grandes oeuvres religieuses. On ne le trouvera pas non plus dans le domaine du contrôle et du pouvoir. Il n'est pas attaché à un certain ordre des choses et il ne porte pas de jugement. On ne l'obtient pas par le contrôle, que ce soit d'une autre personne ou de soi-même. Il découle bien plutôt d'une abondante sagesse du cœur.

La sagesse du cœur peut être trouvée en toute circonstance, sur n'importe quelle planète, qu'elle soit ronde ou carrée. Elle ne provient pas d'un savoir, d'images de perfection ni de la comparaison ou du jugement mais du fait que l'on voit avec les yeux de la sagesse, le cœur plein d'une attention aimante, que l'on offre sa compassion à tout ce qui existe dans notre monde.
La sagesse du cœur est ici, maintenant, à tout moment. Elle a toujours été là, et il n'est jamais trop tard pour la trouver. La plénitude et la liberté que nous recherchons sont notre propre nature véritable, ce que nous sommes réellement. Toutes les fois qu'on entreprend une pratique spirituelle, qu'on lit un livre traitant de spiritualité ou qu'on réfléchit à ce que cela signifie de vivre une vie juste, on amorce le processus inévitable d'ouverture à cette vérité, la vérité même de la vie.

Jack Kornfield - Périls et promesses de la vie spirituelle - Editions La Table Ronde



lundi 12 janvier 2009



Le cœur régule.
C'est le soleil de l'Etre.
Il a le pouvoir de l'intelligence intuitive
qui entre en résonnance avec toute chose.